Osons apprendre encore et toujours !

Une connaissance croisée l’autre jour me dit , « c’est bien maintenant que vous êtes en retraite, vous pouvez profiter et vous reposer ». Profiter , oui mais pas me reposer au sens où elle l’entendait. Si on voulait me tuer rapidement, ce serait en en m’empêchant d’apprendre.

L’autodidacte est un imposteur… du moins c’est ce qu’il croit

Autodidacte, je continue d’apprendre par moi-même. C’est au risque souvent de chemins empiriques, de détours, de libertés prises avec les normes… Mais quel bonheur ! J’ai toujours soif de savoirs !

Le syndrome de l’imposteur, un sentiment de culpabilité ont souvent pu m’accompagner.

J’ai raconté ailleurs la façon dont j’ai utilisé une méthode de lecture pour valider a posteriori mes connaissances. Mais en arrivant en classe de cours élémentaire alors que je n’avais pas six ans, je fus regardé bizarrement par certains, comme si ma présence était illégitime.

Cela m’est arrivé à d’autres moments :« mais vous êtes trop jeune pour devenir formateur ! » m’avait dit une directrice d’école…

Continuer de vouloir apprendre peut sembler une aimable distraction quand il n’y a pas d’enjeu particulier…

Apprendre encore, apprendre toujours….

Tout apprentissage est une clé pour apprendre autre chose. Le pouvoir du savoir ne m’a jamais intéressé. Excepté celui de transmettre et partager ce que j’ai pu apprendre

Aujourd’hui encore j’ai une façon toute personnelle de nouer mes lacets. Il arrive qu’ils se défassent inopinément. Mais je les renoue et je reprends la route. J’aime mon indépendance au risque de l’imperfection. Je ne suis en compétition avec personne.

J’ai beaucoup appris des autres, en les regardant faire, en les questionnant. Lorsque je devins enseignant, je trouvais intéressant de pouvoir cheminer avec l’élève. Tout ne se réinvente pas mais l’intelligence enfantine est épatante ! On questionne, on essaie… puis on choisit la méthode qui convient. Une méthode qui fonctionne sans épuiser.

La pire phrase qu’un enfant puisse s’entendre dire, c’est : « tu comprendras plus tard, quand tu seras grand ».

J’ai eu la grande chance que ma mère m’autorise à poser toutes les questions. Elle répondait avec des mots précis, ne refusant pas la complexité apparente. Quand les réponses méritaient quelques précisions, il y avait les livres.

On parle souvent de motivation. Mais tout être humain est doté de ce formidable moteur qu’est la curiosité. Certains enfants l’exercent de façon inattendue et pourtant, même s’il faut parfois la stimuler, elle est là en germe.

La curiosité, le beau et l’émotion

Je suis comme mon chien. Si je le mène à la promenade, il fouine, il cherche … Il ne sait pas toujours quoi, ses sensations le commandent. Puis il trouve une piste. Il s’en empare, affine sa quête … au risque d’être déçu ou d’en croiser une plus stimulante.

Lui comme moi, comme les enfants, sommes heureux si on nous laisse exercer notre curiosité.

Je suis convaincu que mon chien a une idée du beau.

Non pas une idée conceptualisée, mais il possède un goût réel pour les vastes panoramas. A ces moments là, il laisse sa curiosité en repos. Il observe, il contemple, il goûte, il médite. Il s’arrête.

C’est la force mystique du beau. D’aucuns parleront d’harmonie, d’autres de révélation.

Certains sont indifférents au beau. On les a cadenassés dans la laideur. Il peut naître une beauté de la laideur. Cela suppose une intention créatrice.

Le droit à la beauté devrait être un droit fondamental pour tout humain. Apprendre c’est aussi chercher la beauté. Tenter de la décrypter dans l’infiniment petit ou dans l’infiniment grand.

L’émotion, cette capacité à ressentir et communiquer nous relie à nous mêmes et aux autres. Négative, elle est mortifère. Empathique, elle est source de solidarité. Cette solidarité qui nous aide à vivre ensemble et surmonter les obstacles.

Oser encore, oser toujours…

Essayer. On nous cantonne à certains domaines. C’est une tristesse de voir que souvent, nous nous trouvons cloisonnés.

Mon grand-père, très grand scientifique, était frustré de n’avoir pu s’essayer aux domaines artistiques.

Certains s’étonnent que j’invente des chansons. Non, je n’ai pas appris la musique, non je n’ai jamais voulu devenir chanteur, mais j’ai toujours chanté. J’invente des chansons depuis l’âge de 8 ans. Ça m’a permis de ne pas devenir fou (ou pas totalement) et de passer de bons moments avec les amis qui voulaient ou veulent bien m’écouter…

J’ai toujours été admiratif des personnes qui osaient s’essayer à un art, une passion, une pratique … Ce sont comme autant de conquêtes. Des façons de vivre pleinement… Peu importe que tout ne soit pas chef d’œuvre ou exploit !

Celui qui grimpe sur son vélo le dimanche, ne cherche pas à devenir champion, pourtant de ce plaisir qu’il prend, il deviendra meilleur pour lui et les autres !

Publié le
Catégorisé comme carnet

Par Vincent Breton

Vincent Breton est l'auteur du blogue koikidit.com , du site vincentbreton.fr (chansons, poésies, photos, textes) et du site numerilibre.fr (destiné à celles et ceux qui s'intéressent au numérique libre)

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